Les Origines de la Scribulerie

L'Histoire de la scribulerie

J’ai créé la Scribulerie pour faire de l’écriture un espace vivant, accessible, régénérant et profondément humain.
Un lieu où l’on vient autant pour écrire que pour penser, imaginer, respirer, créer du lien, lutter contre l’éco-anxiété et le sentiment d’impuissance, et ouvrir des possibles.

Ce projet n’est pas né de nulle part. Il est le prolongement naturel de tout mon parcours — et d’un fil rouge qui m’habite depuis toujours : comprendre comment les récits façonnent le réel.

Née et ancrée à Montreuil, ville populaire, métissée et foisonnante, j’ai grandi au contact de multiples cultures, dans un environnement où la solidarité, la créativité et l’engagement collectif étaient des réalités concrètes. Cette terre m’a façonnée. Elle m’a transmis le goût du commun, de la curiosité et de l’ouverture.

Très tôt, les mots, les images et les formes artistiques ont occupé une place centrale dans ma vie. J’ai étudié les lettres et le cinéma, avec une fascination critique pour le pouvoir de l’audiovisuel : sa capacité à influencer nos représentations, orienter nos désirs, fabriquer du consentement, nourrir ou appauvrir l’imaginaire collectif.

Cette question m’a tellement traversée qu’elle est devenue le sujet de mon mémoire. Déjà, je cherchais à comprendre comment les histoires qui nous entourent agissent sur nous — souvent à notre insu.

De là est née aussi ma défiance envers les médias lorsqu’ils simplifient, manipulent, saturent ou anesthésient la pensée. Et, en miroir, mon envie constante d’aiguiser les regards plutôt que de remplir les têtes.

J’ai en outre exercé comme responsable de formation en réalisation documentaire auprès de jeunes sans diplôme. Dans ce contexte, et plus tard en classe, je voulais  donner aux plus jeunes des clés de lecture : apprendre à observer, questionner, recouper, choisir un cadre, comprendre qu’aucune image n’est neutre. Développer l’esprit critique plutôt qu’ingurgiter des contenus tout faits.

Pendant 17 ans, j’ai été professeure des écoles, principalement dans des quartiers populaires. J’y ai conçu des projets pédagogiques ambitieux, accompagné des centaines d’enfants dans leurs apprentissages, des parents dépassés, animé des groupes, fait émerger des paroles, redonné confiance, et créé des espaces où chacun pouvait trouver sa place.

À l’école , j’ai aussi porté avec mon équipe des projets concrets pour reconnecter les enfants citadins au vivant : création d’un potager pédagogique en permaculture, installation d’une ruche, découverte du rôle des abeilles, attention portée aux fleurs, aux saisons, aux équilibres fragiles du monde naturel. Mettre les mains dans la terre, observer le vivant, comprendre l’interdépendance : pour moi, cela faisait pleinement partie de l’éducation.

En parallèle, mon engagement associatif m’a amenée à organiser et porter de nombreux projets culturels, éducatifs et solidaires. J’y ai appris à faire beaucoup avec peu, à relier des personnes très différentes, à transformer des idées en réalités.

Mais au fil des années, une autre préoccupation a pris de plus en plus de place en moi : l’avenir de notre maison commune.

En tant que citoyenne, en tant que mère, je me suis sentie de plus en plus concernée par l’état du vivant, les bouleversements climatiques, l’effondrement de la biodiversité, les pollutions invisibles, les pesticides, la dégradation de notre santé environnementale, et par la difficulté collective à regarder ces réalités en face.

Dans le même temps, l’école que j’aimais servir s’est peu à peu dégradée. Le manque de moyens, la perte de sens, la violence institutionnelle et l’épuisement ont fini par me briser. J’ai traversé un burn-out qui m’a obligée à tout reconsidérer : mon rapport au travail, au temps, à l’utilité, à la manière dont je voulais contribuer au monde.

Pour me reconstruire, je me suis nourrie autrement.
Je me suis mise “sous perf” d’émissions, de podcasts et de voix qui racontaient non pas seulement les crises, mais les réponses. Des humains qui agissent. Des collectifs qui inventent. Des territoires qui transforment. Des idées qui réparent.

J’y ai retrouvé de l’élan, de la respiration, et surtout une conviction : face aux impasses, nous avons besoin de nouveaux récits.

Cette intuition a pris corps de façon très forte lorsque j’ai participé à une Fresque des Nouveaux Récits. J’y ai ressenti quelque chose de rare : de la lucidité sans désespoir, de la créativité sans naïveté, du collectif sans injonction. Une énergie joyeuse, mobilisatrice, profondément vivifiante et encourageante.

J’ai alors compris que je voulais contribuer à cela avec ce que je suis et ce que je sais faire.

Avec ma plume.
Avec mon expérience de la pédagogie.
Avec mon sens du collectif.
Avec mon regard critique sur les récits qui nous traversent.
Avec ma capacité à faire émerger la parole, les idées et la confiance.

La Scribulerie est née de cette convergence.

Un lieu pour écrire autrement.
Pour remettre de l’imaginaire là où il y a de l’impuissance.
Pour apprendre à voir les récits qui nous dirigent… et en inventer d’autres.
Pour faire circuler des histoires qui donnent envie d’agir.
Pour relier les personnes au lieu de les isoler.
Pour créer, ensemble, des mondes plus habitables.

Si tu pousses la porte de la Scribulerie, tu sauras à qui tu as affaire :
à une femme de terrain, de plume, de transmission… et de convictions.

Viens tester l'expérience à la prochaine Veillée des récits !

Retour en haut